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Ostéopathie et ses différents courants

Ostéopathie et ses différents courants

A l’origine de l’Ostéopathie

L’Ostéopathie et ses différents courants découlent de la découverte de Still et de la transmission de ses élèves.

L’ostéopathie a été enseignée d’école en école et le savoir a été transmis et parfois divisé, voire occulté. En effet, depuis sa création, sa dimension spirituelle a été progressivement éludée et actuellement elle a totalement disparu voire ostracisée par les courants d’influence matérialiste.

Hors quand on revient aux fondamentaux de ce que Still définit comme l’ostéopathie, il est question d’inconnaissable. Il entend par cela quelque chose dont nous faisons partie et qui est plus grand que nous. Le Divin est au cœur des principes de l’ostéopathie, non pas dans sa dimension dogmatique, religieuse, mais bien sur le plan philosophique et spirituel.

Il nous invite à penser que l’ordre de la nature d’aujourd’hui et d’hier donne un sens à nos vies et que nous devons en tant qu’ostéopathe nous résoudre à travailler avec ces règles de cause à effet. Autrement dit, un ostéopathe n’est accompli que lorsqu’il aborde l’être dans sa globalité et celle du monde.

« C’est en avril 1855 que j’ai commencé à croire aux lois de la vie telles que le Dieu de la nature les a donné à l’homme, au monde et aux êtres. »

Still s’intéresse aussi aux forces qui mettent en mouvement le corps humain, au fluide vital. Selon lui elle est générée par le cerveau et met tout l’organisme humain dans un mouvement perpétuel d’auto-régénération. Nos cinq sens sont au service de l’esprit . Ces cinq témoins nous permettent d’observer la manifestation de l’esprit : le mouvement.

« Nous sommes donc forcés de conclure qu’il y a une force supérieure, qui dirige l’homme en tant que matière, qui le soutient et le protège du danger ; et après de nombreuses recherches, nous sommes obligés de convenir que l’homme complet est une unité triple. »

A travers cette citation, Still décrit à l’instar de ce que l’on retrouve dans le yoga trois corps, un corps matériel, un corps spirituel et un corps composant l’Etre. Il indique d’ailleurs que quand les trois sont unis, en pleine activité, peuvent produire la chose désirée, achevée . Cette idée rejoint celle de la réalisation auquel le yogin accède par une pratique assidue et intense.

Finalement Still insiste sur la parfaite connaissance que l’ostéopathe doit avoir du corps humain sur le plan anatomique .

Ostéopathie, les différents courants.

Son élève Littlejohn, s’ intéressera d’avantage à l’aspect physiologique de l’ostéopathie entrant ainsi en désaccord avec son maître et se rapprochant ainsi d’avantage du modèle allopathique. Cet aspect de l’ostéopathie est la plus couramment enseignée dans les écoles et a donné naissance à une ostéopathie biomécanique dans laquelle le praticien exerce des forces de correction sur le corps du patient pour lui ôter ses dysfonctions.

« Le devoir du praticien n’est pas de guérir la malade mais d’ajuster une partie ou l’ensemble du système afin que les fleuves de la vie puissent s’écouler et irriguer les champs assoiffés »

Un autre élève de Still, Sutherland, développa la bio-mécanique du champs crânien qui jusqu’alors était considéré comme immobile. Il met en évidence l’influence de la mobilisation crânienne sur le comportement humain en étant le sujet de ses propres expériences et en s’imposant des contraintes mécaniques autour de son propre crâne. De ces expérimentations découlent un modèle : le mécanisme réspiratoire primaire, que Suther land décrit comme organisé autour des éléments suivant:

  • fluctuation du liquide céphalo-rachidien
  • motilité du cerveau et de la moelle épinière
  • mobilité des os du crâne et du sacrum entre les iliaques
  • membranes inter-crâniennes et intra-spinales (membranes de tension réciproque entre leur pôles d’insertion)

Un autre courant de l’ostéopathie propose d’exercer des points d’appui (ou fulcrums) sur le corps du patient de manière à ce que le corps d’auto-régule : c’est l’ostéopathie bio-cinétique qui utilise les forces comprises dans les fascias comme moyen d’équilibration. C’est en évoluant d’un point de vue très articulaire, que Sutherland a développé progressivement l’aspect membraneux (membranes de tensions réciproques) puis l’aspect liquidien (ensemble de son travail sur le liquide céphalo-rachidien) .Il fut l’inspirateur des approches fasciales, fluidiques qui sont en lien direct avec les principes de bio-tenségrité qui considèrent le corps comme une matière répondant à des règles architecturales.

Le dernier courant de l’ostéopathie fait appel aux forces naturelles présentes partout, à l’extérieur et à l’intérieur du patient et du praticien. Les forces de la vie, le fluide vital, le « Souffle de Vie » ou « Lumière Liquide » évoqués par Sutherland à la fin de sa vie . Pour son élève Rollin Becker qui nous transmet l’enseignement de Sutherland, le souffle de vie s’exprime dans les fluctuations du liquide céphalo rachidien . Il nomme ces fluctuations « la Marée » ou Tide en anglais . Le potentiel inhérent de cette Marée se trouverait selon lui dans l’immobilité, c’est à dire entre la phase ascendante (flexion/rotation externe) et la phase descendante (extension/rotation interne).

« Le Potentiel inhérent sera trouvé entre les différentes longueurs d’ondes d’une énergie impliquée dans les champs de force électromagnétiques. Elle est entre flux et reflux de la marée de l’océan, et de la marée d’énergie universelle du système solaire et au-delà. En chimie, le potentiel inhérent se trouve au lieu d’échanges entre toutes les réactions chimiques . Au niveau de l’immobilité du point d’appui, le Potentiel inhérent est la somme totale de toutes les énergies manifestées aux extrémités des leviers. »

A propos de ce point fixe entre flux et reflux de la Marée , il nous rapporte que son maître parlait de « Fulcrum spirituel », que Becker nomme partenaire silencieux ou « Boss » . Pour lui, le corps est doué d’intelligence et sait ce qu’il a a faire pour regagner la santé, bien mieux que le praticien. Il propose de les laisser agir ces forces en étant juste un témoin de l’équilibre de la vie, de son potentiel inhérent, source de sa puissance, plutôt que d’utiliser des « forces aveugles » appliquées de l’extérieur . Cela fait appel à un autre point de vue sur la matière : l’introduction de la notion d’esprit dans la matière ou autrement dit, de conscience de la matière.

« Be still and know .»




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