122018Fév
Pranayama et Pratyhara

Pranayama et Pratyhara

Pranayama et Pratyhara sont les quatrième et cinquièmes membre de l’ashtanga yoga. C’est en entrant dans leur pratique que notre conscience explore les aspects plus subtils du yoga.

Pranayama, le quatrième membre

« Chale vate chalam chittam

Nichale nischalam bhavet »

Le pranayama est composé de deux mots sanskrits : Ayama signifie « longueur », « expansion », « allongement » ou « retenue » et prana  qui signifie , « vie » « énergie » ou « force ». Prana est composé de deux racines : pra qui est un préverbe qui de note une antériorité et an qui signifie souffle ou respiration. Le prana est donc une force vitale qui vient avant le souffle ou la respiration.

Le pranayama est le contrôle et l’allongement du souffle par la pratique d’exercices respiratoires. La maîtrise du souffle permet de contrôler son mental, en focalisant l’attention et d’activer le système nerveux autonome avec pour conséquence, une baisse de la fréquence cardiaque (décrit comme une arythmie sinusale respiratoire), de la tension artérielle et une réduction du stress. Sur le plan physiologique, ce système est régulé par les chémo-récepteurs périphériques et centraux. Les chémo-recepteurs périphériques, situés dans l’aorte et les carotides, sont sensibles au taux d’oxygène dans le sang . Les chémo-recepteurs centraux sont situés dans le pont en avant du cervelet et sont sensibles au taux de dioxyde de carbone contenu dans le liquide cérébro-spinal. Les variations de pressions partielle de ces gaz, provoquent une régulation du rythme cardiaque et respiratoire par le système nerveux autonome.D’autre part, cet apport d’oxygène permet d’améliorer la qualité du métabolisme cellulaire dans tout l’organisme.

« Bahya-abhyantra-vishaya-akshepi caturah »

Le prana encore appelé souffle de vie fait le lien entre corps et esprit. Selon la culture yoguique, et la médecine ayurvédique, il est présent partout, en toute chose et peut être capté orienté et rendu par la maîtrise de la respiration. Selon ces mêmes traditions le prana chemine dans l’enveloppe physique dans les nadis (plus de 72000 canaux énergétiques qui acheminent la force vitale dans le corps). Ces nadis passent par des canaux énergétiques (chackras qui signifie, roue) .xix

Le hatha Yoga Pradipika décrit huit sortes de pranayama. Dans les séries d’ashtanga Yoga, la respiration utilisée est Ujjayi .aussi appelée « respiration victorieuse » ( de la racine « ut » qui signifie « par le haut » et « jaya » qui signifie « victoire ») ou « respiration du feu » parce ce qu’elle accroît le feu corporel. Cela renvoie aussi à sa manifestation par un son guttural dans la région du pharynx correspondant au cinquième chakra appelé aussi « vishuddha », le purificateur. Dans la tradition indienne, la pratique du yoga est une manière de purifier le corps, l’Esprit et l’Ame par l’activation du feu intérieur à travers la pratique des asanas et du pranayama.

Elle consiste à placer le menton vers l’échancrure sternale (jalandhara bandha) de manière à mieux contrôler le volume, le rythme des inspiration/expirations et à améliorer le filtre de l’air en rétrécissant la lumière glottique. Cette respiration s’accompagne d’un chuchotement dans l’arrière gorge audible de l’extérieur. Il est semblable au son de va et vient des vagues ou du vent dans la cime des arbres.Elle a l’avantage de pouvoir être pratiquée avec aisance pendant les vinyasas et les asanas. Pratiquer le pranayama se fait traditionnellement en position assise confortable maintenue. Dans les séries d’ashtanga vinyasa yoga, le souffle précède et génère le mouvement dans une succession d’inspiration (puraka ) et expirations (recaka) d’égales durée et volume, sans rétention ou apnée (kumbaka). Cette succession d’influx/efflux d’air favorise la fluidité du mouvement dans le vinyasa et la concentration sur le souffle l’intériorisation de la pratique. Selon Richard P. Brown, Professeur de Psychiatrie, sur un plan physiologique, ce type de respiration augmente la pression intra-thoracique par la contraction des muscles laryngés et la fermeture incomplète de la glotte. La perfusion alvéolaire est ainsi accrue, prévenant l’hyperventilation. Cette observation rejoint celle de B.K.S. Iyengar :

« Dans ujjayi les poumons sont complètement dilatés et le thorax est bombé comme celui d’un puissant conquérant .»

Elle permet aussi une meilleure perfusion cérébrale favorisant une bonne activité du cerveau. Cette respiration stimule le nerf vagal améliorant attention et vigilance : Elle modifie l’axe hypothalamo-hypophysaire en activant son circuit de défense. Ce dernier est par exemple activé quand un animal ne peut ni fuir, ni se battre. Il permet d’améliorer sa focalisation et ses réflexes.

Les bandhas sont une aide à la pratique du pranayama. Ce sont des contactions des diaphragmes visant à concentrer le prana dans des zones spécifiques et à le réorienter dans des zones précises du corps. Ces contractions sont aussi des actions facilitatrices dans la réalisation d’asanas par leur travail synergique avec d’autres groupes musculaires. Les trois principaux bandhas sont mulha bandha, qui est la contraction du plancher pelvien, uddiyana bandha, qui est la contraction du diaphragme thoracique et jalandhara bandha qui est la fermeture de la glotte en ramenant le menton vers l’échancrure sternale. Ce dernier bandha facilite la réalisation de la respiration ujjayi.

Il existe d’autres bandha secondaires comme pada bandha (relatif aux muscles de la plante du pied), hasta bandha (contration légèr des muscles de la paume de la main), jihva bandha (appui maintenu de la pointe de la langue vers la voute du palais). L’apprentissage de ces bandhas, affine la sensibilité et le contrôle de ses muscles profonds.

Pratyhara, le cinquième membre

« Tham yogam iti sthiram indriya dharanam »

C’est le « détachement de l’esprit que se détache des objets extérieurs » selon Iyengar. Cela correspond à un « retournement des 5 sens vers l’intérieur de soi. Pour John Scott (2002), il s’agit du contrôle des sens. Prati signifie « contre » ou « en arrière » et haara, « saisir ». On peut ainsi traduire pratihara par « retenir ». Cette démarche est inhabituelle par rapport à l’utilisation que nous faisons de nos sens. En effet, les stimuli extérieurs captent notre attention en permanence et les éloignent de l’intérieur pour nous projeter vers l’extérieur. Ces exercices sont une manière de revenir à soi, et se préparer à l’observation de notre monde intérieur en se coupant de toute distraction extérieure. Le contrôle de l’attention s’obtient par une observation de son rythme respiratoire, de ses pensées en apprenant à les constater sans pour autant les chasser. C’est un moyen de laisser aller ses fluctuations mentales sans y s’y attacher en orientant son attention sur des points précis (respiration, point d’attention localisé). Elle fait intervenir le « drasthu », notre témoin intérieur qui observe, constate sans agir ni même juger 





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